Qu’est-ce que la littérature française ?

Dans le courant du haut Moyen Âge et au début de l’époque moderne, l’université française n’avait de loin pas le même devoir que celui qu’elle détient aujourd’hui. Elle avait pour mission de transmettre un idéal humaniste, lié à une culture majoritairement européenne, qui avait pour de but de construire les bases nécessaires pour une appartenance nationale.

Au début du XVIIIe siècle, les grands classiques français sont classés et l’enseignement est tourné vers l’art de la rhétorique, s’inspirant en grande partie des textes d’Aristote et d’Horace. Avec le XIXe siècle, l’Etat prend en charge l’enseignement, et à partir de ce moment-là, son contenu et son organisation s’en trouvent profondément transformés. Les textes inspirés de l’Antiquité, comme avec Voltaire ou La Fontaine, sont ajoutés aux livres classiques.

La littérature française est retravaillée, afin d’être à même de faire face aux nouveaux défis de la révolution industrielle. L’idée est donc de célébrer l’esprit de nouveaux créateurs, tels que Racine ou Corneille, afin de pouvoir en ressortir le génie de la nation. L’école républicaine chercher à mettre en avant les valeurs et les progrès effectués par cette dernière.

C’est donc entre 1880 et 1925 que le département de français à une échelle universitaire sera fractionné en divisions, afin de retracer l’histoire littéraire. De plus, pendant cette période, apparaissent les premiers postes à pourvoir en « littérature française » et ils sont attribués par le Conseil Supérieur des Universités. L’acquisition de la culture française passe donc par un apprentissage d’œuvres ciblées.

Un débat toujours actuel

Au travers de cette classification, un débat encore actuel de nos jours a pu voir le jour. Il oppose ceux qui veulent voir une différence entre la littérature française et littérature francophone à ceux qui y voient une suite de la politique impérialiste et favorise uniquement un seul bloc, afin de pouvoir empêcher toute différence.

L’usage de la langue tend à différencier « littérature francophone », représentant l’ensemble des textes littéraires écrits en français, à la « littérature de langue française », renvoyant à tous les textes particuliers de langue française pouvant être écrit dans des pays ou régions hors de l’Hexagone, dont ils façonnent l’identité nationale. Cette différenciation reste bel et bien problématique.

Au moment de la décolonisation, depuis les années 1960, sont apparues les littératures francophones et celles-ci ont cherché une certaine autonomie. Les auteurs d’Outre-mer ont cherché à faire comprendre que la langue française n’était pas uniquement la langue des Français, mais que celle-ci appartenait également à des peuples plus divers et plus lointains. C’est donc à partir de la question de l’identité, avant tout nationale, que le mouvement des littératures francophones a pu voir le jour.

Il est donc évident que, les conservateurs et les révolutionnaires ne sont pas prêts à trouver un terrain d’entente prochainement. Or, ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas continuer à apprécier la langue française et tous les écrits qu’on lui attribue !

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