Comment j’ai découvert le métier d’accastilleur à Nantes

Le week-end dernier à Nantes nous pouvions observer une ambiance chaleureuse et festive car le Belem, un majestueux trois-mâts qui fait la fierté des chantiers navals nantais revenait dans son port d’attache et Rodolphe de web-culture était sur place !

Cela a été l’occasion pour lui d’échanger avec diverses personnes travaillant sur les chantiers navals et il en a appris un rayon sur le métier d’accastilleur, ce qui lui a immédiatement donné envie de rédiger un petit article sur ce métier méconnu.

Rodolphe, nous te laissons donc la parole !

Le point sur le métier d’accastilleur

L’accastilleur est la personne qui assure le montage, la pose, les réglages et les ajustements sur les navires mais aussi qui se charge de l’équipement du pont, dans ce cas on l’appellera un accastilleur-gréeur.

Ce métier demande une grande résistance physique car les conditions de travail sont parfois rudes mais ce qui m’a le plus marqué c’est la passion avec laquelle les personnes que j’ai rencontrées parlent de leur métier. J’ai longuement échangé avec René. Après avoir travaillé en région parisienne pour une société spécialisée dans le matériel pour travaux en hauteur et l’accastillage René s’est installé à Nantes avec sa famille où il a trouvé un poste de monteur accastilleur.

Il n’existe pas de formation particulière pour exercer ce métier, en revanche les CAP et Bac Pro spécialisés dans les industries nautiques font bien souvent partie du parcours professionnel. Participer à la construction et au montage des bateaux représente pour une grande fierté et chaque mise à l’eau est un moment d’émotions. « Sur un voilier, l’accastillage est aussi important que la coque » nous confie René, « alors lorsque l’on sait ça, notre métier nous confère d’immenses responsabilités dont nous sommes fiers ».

Choisir le matériel d’accastillage fait aussi partie du métier

Le choix de l’équipement est aussi une dimension importante du métier.

A titre d’exemple, le choix de l’ancre ne se fait pas à la légère car d’une part c’est un élément de sécurité important et d’autre part cela implique de choisir tous les éléments constituant la ligne de mouillage et ils sont nombreux.

Tout d’abord, l’ancre. il existe une multitude de formes et de poids et c’est donc le rôle de l’acastilleur de trouver la combinaison la plus parfaite qu’il soit par rapport au navire sur lequel il travaille.

La Chaîne doit faire au minimum 8m de long ai-je appris mais cette longueur est bien souvent insuffisante pour de grands bateaux qui peuvent être emmenés à mouiller longtemps avec une météo pas toujours clémente.

La manille est également un élément de sécurité crucial puisque c’est cette pièce qui relie l’ancre et la chaîne. C’est une pièce sensible car elle devient très vite fragile avec la corrosion et rien de tel que le sel pour accélérer le phénomène. Pour ceux qui comme moi n’avaient jamais entendu ce terme, voici à quoi ressemble une manille de bateau.

Enfin il faudra choisir le cablôt qui est le prolongement de la chaîne et qui lui aussi doit respecter des longueurs réglementaires ( à minima 5 fois la longueur du bateau). Ensuite aussi petite soit la pièce il faudra sélectionner l’Emerillon qui sert à empêcher les torsions du câblot et garantir ainsi sa solidité.

Bien que je n’ai pas eu un cours complet sur comment bien choisir son ancre de bateau, j’ai pu comprendre que le métier d’accastilleur est certes manuel mais qu’il nécessite également des connaissances très techniques ! En parlant avec René j’ai eu l’impression d’avoir ouvert une encyclopédie, ses connaissances en mécanique, électricité et électronique maritimes sont impressionnantes.

C'est donc dans cette ambiance festive que j'ai découvert ce métier passionnant,  j’ai partagé l’enthousiasme des Nantais quant au retour du Belem et j'ai appris énormément de choses.

 Si cet article vous a donné envie d'en savoir davantage sur le métier d’accastilleur, je vous invite à lire la fiche métier du cidj .

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